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Eminem à Wembley, le jour où j’ai (re)vu le Rap God

eminem wembley

Les plus grands l’avaient prédit : pour son dernier album MMLP2, Marshall Mathers aka Eminem aka Slim Shady DEVAIT revenir en Europe pour combler l’attente de ses fans.

Après un refus de la reine de le produire à Hyde Park, à cause d’un caractère trop trempé et d’une réputation trop sulfureuse (n’est pas le meilleur artiste de la décennie qui veut), le petit blanc de Detroit se paye le luxe de débarquer à Wembley le 11 juillet, pour être le premier rappeur de tous les temps à fouler le sol de ce stade mythique.

Engouement oblige, les 90 000 places se vendent en 13 minutes, ce qui « force » notre phénomène à proposer une deuxième date le lendemain. 180 000 places vendues en 45 minutes à peine donc. La messe est dite, ces deux concerts vont marquer l’histoire.

Par chance, j’ai (tant bien que mal) réussi à me fournir deux places pour la deuxième date. Sur une aire d’autoroute en Autriche, en plein roadtrip Européen, je me suis connecté depuis mon téléphone pour décrocher le Saint Graal. La fin justifie les moyens parait-il.

Le jour J, enfin sur place, tout est réuni pour que Slim Shady fasse rentrer Wembley en ébullition. Mais il plane dans l’air une odeur de doute : qui peuvent bien être ces « special guests » qui sont annoncés depuis le début ? On le saura bien assez tôt.

J’entre dans le stade avec mon meilleur ami, porte K. La tension monte au moment de la fouille lorsque je me rends compte que les appareils photo sont interdits. Mais il faut croire que les dieux étaient avec nous, les stadiers ne se rendent même pas compte que j’ai une sacoche. Mon meilleur ami décroche un sourire, il sait que ce moment, nous ne l’oublierons jamais.

A peine rentrés dans le stade que la vue est déjà exceptionnelle. Vraiment, Wembley est un lieu d’exception, pour les grands moments et les grandes rencontres.

Vient le moment des premières parties, avec Odd Future et toute la bande. Même si c’est déjà exceptionnel, je n’ai qu’une envie, voir débarquer ce rappeur qui m’a tant impressionné l’année passée au Stade de France. Revoir cette silhouette, pourtant si fine, dérouler un flow monstrueux qui laisse sans voix.

Le stade est en effervescence au moment où le rideau s’installe. Derrière, Eminem doit sans doute respirer un grand coup. C’est son grand retour, sa revanche contre la reine qui lui a refusé une broutille. Mais tous les fans le savent, on ne refuse rien à Slim Shady. Comme il le dit si bien : « La meilleure façon de m’encourager à faire quelque chose, c’est de me l’interdire ».

C’est à peine si on entend les premières notes de Bad Guy tellement le stade crie. Le rideau est tombé, la légende est debout, capuche sur la tête et micro à la main. Une claque, c’est le seul mot auquel je pense. Une véritable claque en pleine gueule.

Et il enchaine sans pause ni transition sur ses classiques : Square Dance, White America… Puis vient le moment que tout le monde attendait, la chanson de tous les records, celle des 101 mots en 16 secondes, Rap God. Comment de simples mots pourraient exprimer ce qu’on ressent quand vient le moment où il déroule son flow de manière si fluide ? C’est impossible. Une deuxième claque, une deuxième claque en pleine gueule.

C’est à peine si je suis conscient au moment où il chante The Way I Am et où il interagit avec le public « I say Biggie, you say 2Pac, yo biggie, hey 2Pac ! ».

Comme si ça n’était pas assez, comme s’il avait encore des choses à prouver même après plus de 300 récompenses dont un oscar, après plus de 200 millions de disques vendus en 10 ans, le Rap God se paye le luxe de ramener celui qui est sans doute l’un des meilleurs producteurs de tous les temps, Dr Dre ! Le voilà le Special Guest ! Un escalier s’ouvre dans le scène et le laisse sortir au grand jour. Woaw. A peine le temps de souffler que les 2 amis entament un duo sur une instru de Still Dre.

BOOM. Un coup de fusil retentit et c’est à Eminem de prendre en otage les 90 000 personnes présentes sur un fond de Forgot About Dre. Les 2 rappeurs occupent la scène avec une expérience qui en dit long. C’est bien plus qu’un concert, c’est un show, The Eminem Show.

Après une quinzaine de minutes, Dr Dre se retire. Eminem prend la parole. Depuis le début, il interagit beaucoup avec le public. Et à chaque fois, 90 000 voix scandent son nom.

« Please bring me back to the time when I was fucked up ! »

Et c’est reparti pour un festival de classiques, des sons qui ont plus de 10 ans mais qui n’ont pas une ride.

« My Name Is. What ? My Name is. Who ? *chicka chicka* SLIM SHADY ! »

Je ne compte plus les claques que je prends, c’est peut-être la centième de la soirée, la millième. Je ne sais plus. Mon meilleur ami est en transe, caméra à la main : « Bordel, mec c’est fou ».

C’est peu de le dire.

Après un Without Me et un Not Afraid interprétés à la perfection, le Rap God prend congé… pour revenir après un rappel de quelques secondes. On le sait, il ne finit jamais un concert autrement que par la musique qui lui a valu un oscar.

Les lumières sont tamisées, le piano diffuse les premières notes de Lose Yourself. Oh mon dieu. C’est quoi ces frissons là ? Les guitares électriques prennent le relais pour l’intro : « Look, if you had… ». Le reste, c’est indescriptible. La foule qui balance les mains en cadence, les lumières qui se déchainent pendant le refrain, le phénomène en capuche qui se déchaine sur scène. Non, il faut le voir pour comprendre. C’est cette ambiance qui rappelle celle des grands soirs. Celle qui marque pour la soirée, pour la nuit, pour longtemps.

Ca y est, c’est fini. Les lumières ne trompent pas, elles n’éclaireront plus rien ce soir. Le travail est fait pour Shady. Pendant 1h30, il nous a mis sur une autre planète, celle de son univers musical. Il a laissé des sequelles à 180 000 personnes en 2 jours.

Merci à la reine d’Angleterre d’avoir permis ce moment magique.

Et une chose est sûre, Slim Shady’s back.

 

Un petit bonus et coup de pub pour mon meilleur ami, qui est un artiste hors-pair. Voici un de ses dessins d’Eminem :

 

dessin eminem

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A propos de Edouard

Voyageur dans l'âme depuis que j'ai l'âge de penser, j'ai décidé de vivre mes rêves plutôt que de rêver ma vie. Je pars prochainement pour un tour du monde d'un an que vous pourrez suivre sur ce blog voyage.

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